En 1996, Nelson Mandela, le patriarche, avait célébré la victoire finale des Bafana Bafana (Afrique du Sud) par des pas saccadés du septuagénaire qu’il était. Aujourd’hui, Ali Bongo, par ses déhanchements et ses glissades, imprime la joie de vivre d’une Afrique qui perpétue sa légende.
Celle qui veut que l’on manifeste chaque réussite par une liesse collective, imprimée par la danse. Qu’il soit patriarche comme l’est Mandela ou dans la fleur de l’âge comme Bongo, tout dirigeant africain se doit de se départir de la crispation de ses obligations politiciennes pour accompagner les siens dans la rythmique qui est la sienne. Le plus important est que le peuple se reconnaisse en lui. Un pas par-ci, un autre par là suffisent, plus qu’amplement, à servir d’exutoire à des succès insoupçonnés. Mandela l’a fait à la fin de la CAN qui avait vu la victoire finale de l’Afrique du Sud. Mais, sa simple présence avait boosté une équipe qui s’en était trouvée transfigurée.
Ali Bongo, lui, le fait dès l’entame de la compétition que son pays co-organise avec la Guinée Equatoriale. Mieux, il use de la présence de l’icône du football mondial, Samuel Eto’o fils pour doper le moral de ses troupes qui en profitent pour déplacer les montagnes. Pour la circonstance, celles de l’Atlas dont se prévaut l’équipe du Maroc. Passant par tous les états d’âme, dans une équipe mal en point, Aubame, Eyang n’ont eu qu’un seul recours. Celui de jeter un coup d’œil vers la tribune et y rencontrer le regard bienveillant, protecteur et angoissé de leur Président de la République. Largement suffisant pour leur insuffler l’adrénaline nécessaire à leurs exploits.
Par sa présence de tous les instants et ses pas de danse juvéniles, Ali Bongo a, dans le bon sens, banalisé la fonction de chef d’Etat africain. Il fait ainsi ramener à l’essentiel qui veut que, avant tout, l’Afrique est fête. Un état d’esprit qui nous permet, même au-delà du chagrin, d’accompagner nos défunts, dans leur tombe, par des chants et des danses. Alors, messieurs les chefs d’Etat, messieurs les politiques et autres hommes d’affaires, prenez-en de la graine. Dansez, riez et chantez pour sortir notre Afrique de la morosité que nous imposent les aléas de l’Occident. Votre réussite et notre bonheur sont à ce prix.

















